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Mutilations sexuelles féminines

Mai 2008
 

Mutilations sexuelles féminines

Principaux points
  • Les mutilations sexuelles féminines sont des interventions qui altèrent ou lèsent intentionnellement les organes génitaux externes de la femme pour des raisons non médicales.
  • On estime entre 100 et 140 millions le nombre de jeunes filles et de femmes dans le monde qui vivent actuellement avec les séquelles de mutilations sexuelles.
  • En Afrique, environ trois millions de jeunes filles par an risquent de subir des mutilations sexuelles.
  • Ces pratiques ne présentent aucun avantage pour la santé des jeunes filles et des femmes.
  • Elles peuvent provoquer de graves hémorragies et des problèmes urinaires, et entraîner plus tard des complication potentielles lors de l'accouchement ainsi que le décès de nouveau-nés.
  • Elles sont pratiquées le plus souvent sur des jeunes filles entre l'enfance et l'âge de 15 ans.
  • Les mutilations sexuelles féminines sont internationalement considérées comme une violation des droits des jeunes filles et des femmes.

Les mutilations sexuelles féminines recouvrent toutes les interventions incluant l'ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme ou toute autre lésion des organes génitaux féminins qui sont pratiquées pour des raisons non médicales.

Cette intervention est le plus souvent pratiquée par des circonciseurs traditionnels, qui jouent souvent un rôle central dans les communautés, notamment en tant qu'accoucheurs. Toutefois, les mutilations sexuelles féminines sont de plus en plus pratiquées par du personnel formé médicalement.

Liens connexes
 

:: Mutilations sexuelles féminines

:: Santé et recherche génésiques


 

Les mutilations sexuelles féminines sont internationalement considérées comme une violation des droits des jeunes filles et des femmes. Elles sont le reflet d'une inégalité profondément enracinée entre les sexes et constituent une forme extrême de discrimination à l'égard des femmes. Elles sont presque toujours pratiquées sur des mineures et constituent une violation des droits de l'enfant. Ces pratiques violent également les droits à la santé, à la sécurité et à l'intégrité physique, le droit d'être à l'abri de la torture et de traitements cruels, inhumains ou dégradants, ainsi que le droit à la vie lorsqu'elles ont des conséquences mortelles.

Classification

Les mutilations sexuelles féminines se classent en quatre catégories:

  • La clitoridectomie: ablation partielle ou totale du clitoris (petite partie sensitive et érectile des organes génitaux féminins) et, plus rarement, du prépuce (repli de peau qui entoure le clitoris) également.
  • Excision: ablation partielle ou totale du clitoris et des petites lèvres, avec ou sans excision des grandes lèvres (qui entourent le vagin).
  • Infibulation: rétrécissement de l'orifice vaginal par la création d'une fermeture, réalisée en cousant et en repositionnant les lèvres intérieures, et parfois extérieures, avec ou sans ablation du clitoris.
  • Autres: toutes les autres interventions néfastes au niveau des organes génitaux féminins à des fins non médicales, par exemple, piquer, percer, inciser, racler et cautériser les organes génitaux.

Éliminer les mutilations sexuelles féminines: déclaration interinstitutions [pdf 3Mb]

Conséquences sanitaires

Les mutilations sexuelles féminines ne présentent aucun avantage pour la santé et sont préjudiciables à bien des égards aux jeunes filles et aux femmes. Elles comportent l’ablation de tissus génitaux normaux et sains ou endommagent ces tissus et entravent le fonctionnement naturel de l’organisme féminin.

Les complications immédiates peuvent être douleur violente, choc, hémorragie, tétanos ou septicémie (infection bactérienne), rétention d'urine, ulcération génitale et lésion des tissus génitaux adjacents.

Les conséquences à long terme sont notamment:

  • infections récidivantes de la vessie et des voies urinaires;
  • kystes;
  • stérilité;
  • nécessité de procéder à des interventions chirurgicales ultérieures. Par exemple pour revenir sur la mutilation consistant à rétrécir l'ouverture vaginale (type 3 ci-dessus) afin de permettre les rapports sexuels et l'accouchement, avant de parfois la refermer ensuite par suture;
  • risque accru de complications lors de l'accouchement et de décès des nouveau-nés.
Quelle population est exposée?

Les mutilations sexuelles sont pour la plupart pratiquées sur des jeunes filles entre l'enfance et l'âge de 15 ans et à l'occasion sur des femmes adultes. En Afrique, elles menacent environ trois millions de jeunes filles par an.

Entre 100 et 140 millions de jeunes filles et de femmes dans le monde vivent actuellement avec les séquelles de ces mutilations sexuelles. On estime qu'en Afrique environ 92 millions de jeunes filles âgées de dix ans et plus ont subi cette pratique.

Cette pratique est la plus commune dans l'ouest, l'est et le nord-est de l'Afrique, dans certains pays d'Asie et au Moyen-orient, ainsi que dans certaines communautés d'immigrants en Amérique du Nord et en Europe.

Causes

Les mutilations sexuelles féminines sont le produit de divers facteurs culturels, religieux et sociaux au sein des familles et des communautés.

  • Là où elle relève d'une convention sociale, la pression sociale qui incite à se conformer à ce que font ou ont fait les autres constitue une forte motivation pour perpétuer cette pratique.
  • Les mutilations sexuelles féminines sont souvent considérées comme faisant partie de la nécessaire éducation d'une jeune fille et de sa préparation à l'âge adulte et au mariage.
  • Les mutilations sexuelles féminines sont souvent motivées par des croyances relatives à ce qui est considéré comme un comportement sexuel approprié, ce qui relie ces pratiques à la virginité prénuptiale et à la fidélité conjugale. Certaines croyances estiment réduire ainsi la libido féminine pour résister aux actes sexuels "illicites". Lorsqu'une ouverture vaginale est obstruée ou rendue plus étroite (type 3 ci-dessus), par exemple, la femme est empêchée physiquement d'avoir des relations sexuelles avant le mariage. Plus tard, une intervention douloureuse est nécessaire pour rouvrir cette obturation afin de permettre des relations sexuelles.
  • Les mutilations sexuelles féminines sont associées à des idéaux culturels de féminité et de modestie, selon lesquels les jeunes filles sont "propres" et "belles" après l'ablation de parties de leur anatomie considérées comme "masculines" ou "malpropres".
  • Bien qu'aucun texte religieux ne prescrive cette intervention, les praticiens pensent souvent qu'elle a un fondement religieux.
  • Les autorités religieuses adoptent des positions variables à l'égard des mutilations sexuelles féminines: certaines les préconisent, d'autres les considèrent comme étrangères à la religion et d'autres encore contribuent à leur élimination.
  • Les structures locales du pouvoir et de l'autorité, tels que les dirigeants communautaires, les chefs religieux, les circonciseurs et même certains agents de santé peuvent contribuer à conforter cette pratique.
  • Dans la plupart des sociétés, les mutilations sexuelles féminines sont considérées comme une tradition culturelle, argument souvent avancé pour les perpétuer.
  • Dans certaines sociétés l'adoption récente de cette pratique s'explique par la volonté de copier les traditions de groupes voisins. On trouve parfois à son origine un mouvement de recrudescence religieuse ou traditionnelle.
  • Dans certaines sociétés, les mutilations sexuelles féminines sont pratiquées par des groupes nouveaux lorsqu'ils arrivent dans des zones où la population locale les pratiquent.
Actions internationales

En 1997, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS)a publié avec le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) et le Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP) une déclaration conjointe contre la pratique des mutilations sexuelles féminines. Une nouvelle déclaration, plus largement soutenue par les Nations Unies, a été publiée en février 2008 à l'appui d'une sensibilisation accrue en faveur de l'abandon des mutilations sexuelles féminines.

La déclaration de 2008 apporte de nouveaux éléments recueillis au cours de la dernière décennie au sujet de cette pratique. Elle met en évidence la reconnaissance croissante des dimensions juridiques du problème et ses liens avec les droits de l'homme, tout en apportant des données actualisées sur la fréquence et l'ampleur des mutilations sexuelles féminines. Elle résume aussi les recherches sur les causes de la persistance de cette pratique, sur les moyens d'y mettre fin et sur ses effets néfastes pour la santé des femmes, des jeunes filles et des nouveau-nés.

Depuis 1997, de grands efforts ont été entrepris pour lutter contre les mutilations sexuelles féminines, grâce à la recherche, à la collaboration au sein des communautés et à l'introduction de changements dans les politiques publiques. Parmi les progrès réalisés au plan international et local, on relève:

  • un plus grand engagement international pour mettre un terme aux mutilations sexuelles féminines;
  • la mise en place d'organes de surveillance internationaux et l'adoption de résolutions condamnant cette pratique;
  • des cadres juridiques révisés et un appui politique croissant pour mettre fin aux mutilations sexuelles féminines; et
  • dans certains pays, une diminution de la pratique des mutilations sexuelles féminines et un nombre croissant de femmes et d'hommes qui se prononcent en faveur de sa suppression dans les communautés où elle est pratiquée.

Les recherches montrent que si ces communautés décident elles-mêmes d'abandonner les mutilations sexuelles féminines, cette pratique pourrait disparaître très rapidement.

L'action de l'OMS

Les efforts de l'OMS en vue d'éliminer les mutilations sexuelles féminines mettent l'accent sur:

  • la sensibilisation: élaborer des publications et des outils de sensibilisation pour permettre des actions au niveau international, régional et local afin d' en finir avec les mutilations sexuelles féminines en moins d'une génération;
  • la recherche: acquérir des connaissances sur les causes et les conséquences de cette pratique, sur les moyens de l'éliminer et sur les soins à dispenser à celles qui ont subi des mutilations sexuelles;
  • l'orientation des systèmes de santé: élaborer des matériels de formation et des lignes directrices à l'intention des professionnels de la santé pour les aider à prendre en charge et à conseiller les femmes qui ont subi ces pratiques.

L'OMS est particulièrement préoccupée par le fait que les mutilations sexuelles féminines sont de plus en plus pratiquées par du personnel médical qualifié. L'OMS engage vivement les professionnels de santé à ne pas se livrer à de telles pratiques.

 

 

 

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